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 Cantons (réforme Valls)

 Découpage Marleix


 Découpage actuel et futur...
respectant les limites départementales (6 circ. pour les Français de l'étranger, non cartographiées)

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En passant votre souris sur le menu de gauche, vous verrez apparaître successivement la carte des circonscriptions actuelles, valable depuis 2012, et les cartes hypothétiques répondant aux critères maintenant définis de 343 sièges attribuées au scrutin uninominal.
Elles sont bâties comme par le passé et comme le demande à nouveau la loi d'habilitation de mars 2018 sur la base des cantons et, pour celles de 2022, des communes dans la métropole lyonnaise, en Martinique, en Guyane et dans les Territoires et Collectivités d'outre-mer, ainsi que des 80 quartiers à Paris et des arrondissements municipaux à Lyon, et en respectant un maximum de 20 % d'écart à la moyenne de population par département.


Les cartes que vous voyez sur cette page sont personnelles et n'entraînent la responsabilité que de leur auteur.
    Quels que soient les choix précis de découpage de l'exécutif, les effets des règles adoptées seront énormes sur le découpage lui-même. En effet, le respect des limites départementales entraîne la réduction à un siège unique dans 16 départements de métropole. Mais même ailleurs, on aboutit à des dimensions de circonscription jamais connues dans l'histoire de France, qui ne manqueront pas de faire jaser. On jouant de la souris, on appréciera mieux leur taille en les comparant au découpage précédent, celui de 2012. Elles détonneront par leur étendue, mais aussi par leur population. En effet, celle-ci pourra dépasser 250 000 habitants dans quelques circonscriptions.
    À l'usage, la taille des nouveaux cantons s'avère moins gênante pour les opérations de découpage qu'on aurait pu le prévoir. En revanche, l'interdiction de découper ceux inférieurs à 60 000 habitatnts (loi d'habilitation de mars) gêne énormément dans plusieurs départements. Et dans ces cas-là, il faut choisir entre un découpage tordu si on privilégie l'équité démographique entre circonscriptions, indéfendable moralement parce que faisant fi des réalités humaines des lieux, et un découpage respectueux des réalités locales, vécues, perçues par tout un chacun, mais aboutissant à des inégalités démographiques certes légales mais frisant les maximums autorisés, ce que le parti auquel elles ne profiteront pas évidemment dénoncera.
    Exemple, la Haute-Savoie. Le département est trop compartimenté par le relief pour ignorer la vallée de l'Arve d'un côté, le bassin versant du lac Léman, et enfin la région d'Annecy. Si on accepte le fait géographique et économique, alors on préservera l'unité de la vallée comme celle des rives du Léman. Et on construira la carte ci-dessus. Mais alors les écarts à la moyenne autorisée frisent le maximum autorisé, à savoir +19 % (pour la circonscription du Léman). Si on recherche l'égalité démographique à tous prix, alors on sera obligé de mettre la partie supérieure de la vallée de l'Arve soit avec une portion de la région d'Annecy, avec laquelle elle ne communique par aucune route et n'a aucun rapport économique, soit avec l'est des rives du Léman, avec laquelle elle communique certes, mais mal et sans que les deux zones réunies n'aient autre chose en commun (et encore!) que l'exploitation de l'or blanc.
    Il faudra aussi ignorer la réalité géographique dans les Yvelines et le Gard, faute de pouvoir diviser les cantons qui auraient pu arranger à la fois une circonscription et une autre. Et pourtant, au bout du compte, le gigantisme des circonscriptions permettra d'éviter de recourir aussi fréquemment qu'avant à la commune. Et de recourir au découpage rue par rue, comme trop souvent par le passé. À Paris, les quartiers suffiront largement au redécoupage, heureuse surprise! (ce que ne spécifie pas la loi d'habilitation, mais espérons que cela soit respecté).
    Evidemment, il aurait été idéal le législateur moralisât un peu plus les opérations, notamment en interdisant le fait que deux portions de circonscriptions ne communiquent pas par une route au moins départementale. En attendant, l'interdiction de découper les cantons inférieurs à 60 000 habitants est un pas important, ne boudons pas notre plaisir citoyen. Mais ne rêvons pas, le personnel politique, à partir du moment où il continue à se réserver l'opération de découper ses propres circonscriptions d'élection, ne va tout de même pas s'interdire une certaine excentricité... C'est dommage car, en 2009-2010, qui a su que plusieurs circonscriptions étaient tellement tordues qu'on ne pouvait pas circuler d'un bout à l'autre sans passer par la circonscription voisine? L'auteur de ces lignes pense qu'il serait sain que dans tout découpage électoral toute commune soit reliée par la route au reste de la circonscription sans avoir à passer par une circonscription voisine, afin d'endiguer les extravagances déjà observées par le passé.
    Les Anglo-Saxons ont déjà largement commencé (les Canadiens d'abord, puis les Britanniques puis certains états américains) à confier cette opération délicate à des organes totalement indépendants (des géographes et des démographes en l'occurrence). Le monde latin n'est, à mon avis, pas prêt d'accepter une telle perspective. Quand il érige une commission à but vaguement moral, c'est comme en 1986 et 2009 pour un examen a posteriori et en confiant la tâche à de vénérables retraités de la fonction publique (de la magistrature de préférence; en haut lieu, on pense que cette fonction-là éblouit plus que toute autre) mais surtout pas à des gens compétents. Lesquelles vénérables personnes avancent, comme elles le firent en 1986 et le refirent en 2009, des prétextes à géométrie variable pour justifier ici un découpage selon des critères géographiques, là selon des critères exclusivement démographiques, etc. Nulle cohérence d'ensemble, mais la robe fait office de compétence.

Aller ou retourner à geoelections, par exemple pour examiner les conséquences politiques du découpage en cours…