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 Cantons (réforme Valls)
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Bref historique


    Le canton actuel remonte à 1801. Il correspondait à la circonscription d'action d'une brigade de gendarmerie (pour la fameuse justice de paix, en fait justice de première instance), d'une brigade de sapeurs-pompiers et au ressort d'une perception. Dès le départ, certaines communes furent scindées entre deux ou plusieurs cantons, faute d'autre chef-lieu possible et digne de ce nom à distance raisonnable.
    La loi sur les conseils généraux de 1833 leur attribua un rôle électoral, en les érigeant en circonscription d'élection d'un membre du Conseil général. Cette fonction élective finit par éclipser sa fonction première, au point de les dénommer fréquemment de nos jours cantons électoraux. Puis les écarts de population se creusèrent avec le temps, pour cause d'exode rural. Refusant de supprimer des sièges de conseillers généraux, les ministres de l'Intérieur successifs remédièrent à l'obligation morale d'un minimum d'égalité démographique entre cantons en scindant les cantons urbains, notamment par subdivision des villes centres, pour passer grosso modo de 3000 à 4000 unités aujourd'hui.
    Mais l'ampleur de l'exode rural aboutit à des inégalités de population impossibles à rattraper, sous peine de multiplier le nombre de cantons et, partant, de conseillers généraux. Plus exactement, les préfets, responsables en la matière, choisirent ici de les multiplier, là de s'en tenir à un ajustement. La seconde attitude, heureusement pour les finances publiques, fut la plus répandue.

    La réforme dite Balladur les aurait transformé en "territoires", en en profitant pour en supprimer environ 500 et en établissant pour la première fois depuis leur création une certaine égalité de population entre cantons.
    La réforme Valls est très différente; elle institue un binôme homme-femme comme ticket obligatoire à la candidature dans chaque canton. Mais on ne pouvait se payer le luxe de conserver tous les cantons, ce qui aurait abouti à deux fois plus d'élus. Pour réduire leur nombre, on choisit de diviser ce nombre par deux dans chaque département. L'opération est simple à justifier, mais pas sans inconvénients.

Aspects positifs et négatifs...

    En effet, les nouveaux cantons seront trop grands pour une représentation minimum des territoires ruraux, qui souffrent déjà de leur mise à l'écart du jeu politique et économique français.
    Ensuite, on voulut un nombre impair de cantons par département; en conséquence, on a augmenté d'une unité leur nombre là où il était pair, c'est-à-dire dans un cas sur deux. Au final donc, un surcoût pour les deniers publics!
    Plus triste encore: la loi Marcelin de 1971 aurait dû apprendre à se méfier d'un travail refondant l'ensemble de la carte de France délégué à 100 préfets, ayant chacun leur façon de voir et de faire.
    Le résultat est, comme pour la loi Marcelin, une dissemblance certaine entre les découpages des différents départements. Vous pouvez le constater en vous rendant sur la page "Cartographie nationale".
    Autre ratage: le nombre des cantons a été conservé intact dès la tentative de réforme Balladur. L'ennui est que la dissymétrie due à l'action divergente des préfets dans chaque département, avec ici une multiplication et là de rares créations (à condition d'urbanisation égale), va être perpétuée. Par exemple, la subdivision à l'infini de l'ancien bassin houiller côté Pas-de-Calais mais pas dans le Nord va se transformer en inégalité de représentation de l'ensemble du Pas-de-Calais par rapport au Nord.